Visite d'ouvrages de ralentissement de crues



Dans le cadre des projets de lutte contre les inondations portés par le SMAGGA, l’analyse coût bénéfice prévue dans le Programme d’Actions de Prévention des Inondations et réalisée en 2014, a conclu que la réalisation de 3 ouvrages de ralentissement de crues - 2 sur le Garon et 1 sur le Mornantet - était économiquement pertinente. En effet, cette étude a attesté que le coût statistique des dommages évités était, sur 30 ans, inférieur à celui de la réalisation des ouvrages qui est évalué à 17,7 millions d’euros. " Sur le bassin versant du Garon, les inondations engendrées par une crue centennale impactent 2 000 habitants, 600 bâtiments et 135 entreprises", rappelle Paul Minssieux, Président du SMAGGA.

Fort de ce constat, le SMAGGA a recruté un assistant à maîtrise d’ouvrage en 2016, afin de fiabiliser les coûts et la faisabilité technique des ouvrages écrêteurs. Les résultats sont attendus pour fin 2017, ils aideront à la prise de décision politique.

Afin de bénéficier de l'expérience de collectivités ayant fait le choix d'investir dans ce type d'ouvrage, le SMAGGA organisait une visite technique en deux temps vendredi 2 juin 2017, tout d'abord sur le site de la commune de Sorbiers dans la Loire (Saint-Etienne Métropôle,) puis à Saint-Romain-de-Popey dans le Rhône (Syndicat de rivières Brévenne et Turdine).

Accueilli par Pascal Garrido, Président du Comité de Rivière Furan, et Bernard Fauvel, Conseiller communautaire délégué en charge des contrats de rivières à Saint-Etienne Métropole, la délégation du SMAGGA a pu examiner l’ouvrage de rétention construit sur la rivière Onzon à Sorbiers.
"La réalisation de cet ouvrage s’inscrit dans la stratégie de gestion des crues mise en place par Saint-Etienne Métropole dans le 1er contrat de rivière Furan et affluents (2005-2011). Les crues de 2003 et 2008 ont fait prendre conscience qu’il était nécessaire d’intervenir. La solution retenue a consisté à mettre en place une rétention en amont", ont indiqué les élus ligériens.
D'une hauteur de 16,7 mètres sur 180 mètres de longueur, l’ouvrage de ralentissement dynamique des crues a une capacité de stockage de près de 400 000 m3. Son rôle consiste à atténuer les crues en retenant les eaux en amont d’une digue. En fonctionnement "normal", la rivière passe sous l'ouvrage par un pertuis, assurant à la rivière un débit constant et maîtrisé.

Dans l'après-midi, la vingtaine d'élus présents avait rendez-vous sur la Turdine à Saint-Romain-de-Popey, où ils étaient accueillis par Betty Cachot, Directrice du Syndicat de Rivières Brévenne Turdine (SYRIBT). "Le secteur de l’Arbresle étant fréquemment soumis à de violents épisodes de crue, le SYRIBT a lancé en 2012 un projet de mise en place de deux ouvrages écrêteurs de crues. D'une capacité de stockage de 430 000 m3, l’ouvrage de Saint-Romain-de-Popey est le premier à être réalisé. L’ouvrage sera sollicité lors d’épisodes de crues moyennes à rares, le reste du temps, il sera vide et transparent pour le cours d’eau", précise-t-elle.
Le ralentissement provoqué par les deux ouvrages permet de gagner du temps afin de se préparer à l’arrivée de la crue. Le pic de crue parvient aujourd’hui en 2 à 3 heures à l’Arbresle, principale agglomération touchée par les inondations, la présence des ouvrages permettra de décaler ce pic de crue de 5 à 7 heures.

Même si chaque rivière a son propre fonctionnement et chaque site retenu ses propres caractéristiques, ces visites ont permis aux élus d'échanger, de partager, de s'enrichir d'expériences menées par d'autres collectivités, et de se faire un avis sur la faisabilité de ces ouvrages et leur intégration dans le paysage.

Mardi 6 Juin 2017