Economisons l'eau



L'eau qui coule de votre robinet provient de la nappe phréatique du Garon.

La nappe du Garon à la loupe
- Volume : 25 millions de m3 (soit 8 000 piscines olympiques de 50 x 25 x 2,5 mètres)

- Population desservie en eau potable : 90 000 habitants

- Volume prélevable pour garantir sa recharge annuelle : 5,5 millions de m3 (5,35 millions m3 pour l’alimentation en eau potable, 100 000 m3 pour l’industrie et 50 000 m3 pour l’irrigation agricole)

- Fonctionnement : la nappe est alimentée en proportion égale par les précipitations et par l’infiltration de l’eau du Garon. La nappe phréatique du Garon a un équilibre très précaire qui risque de s’accentuer dans un contexte de changement climatique.

- Situation géographique : de Saint-Genis-Laval au Nord à Givors au Sud.

- Zoom sur un épisode caniculaire : en 2003, année de canicule, la consommation a atteint un pic de 8 millions de m3.
La capacité de recharge de la nappe étant très lente, il a fallu près de dix ans pour que cette dernière retrouve son niveau d’équilibre. Voilà pourquoi il est important pour chacun de maîtriser sa consommation d’eau en évitant les gaspillages et en adoptant des attitudes responsables.

- Distribution de l'eau potable : les collectivités publiques en charge de la distribution d’eau potable sur le bassin versant du Garon sont : le SIDESOL, le SIE MIMO.
Le SIDESOL et le SIE MIMO pompent la ressource depuis la nappe du Garon. Un troisième syndicat, le SMEP Rhône Sud, pompe l’eau dans la nappe du Rhône à Ternay et fourni de l’eau aux 2 premiers afin de soulager la nappe du Garon en cas de besoin.
Il existe une interconnexion entre les réseaux de ces trois syndicats permettant en cas de besoins (maintenance, incident, baisse de niveau…) de venir en soutien de son voisin.

L’irrigation des terres agricoles est gérée par le Syndicat Mixte d’Hydraulique Agricole du Rhône (SMHAR) qui utilise l’eau du fleuve Rhône pour fournir en eau les agriculteurs.

La pluviométrie baisse et les alertes sécheresse s'accumulent

De moins en moins de précipitations
La quantité de précipitations est enregistrée depuis plusieurs pluviomètres disposés sur le territoire. En moyenne, il tombe 780 mm de précipitations chaque année. Mais le bassin versant connait des épisodes de sècheresse depuis 20 ans qui ont des conséquences sur les débits des cours d’eau et la recharge de la nappe du Garon. En effet, sur les 780 mm de pluies, seulement ¼ rejoignent la nappe.

Des alertes sécheresse qui s'enchaînent
Les alertes sécheresse sont décrétés par la Préfecture du Rhône (service de l’Etat) qui en fonction du débit des rivières, du niveau de la nappe et des prévisions pluviométriques définit un niveau d’alerte.
Il existe 4 seuils allant de vigilance, vigilance renforcée, alerte à crise. Crise étant le niveau d’alerte maximale.
Chacun de ces seuils de gravité entraînent des mesures de restriction des usages de l'eau plus ou moins sévères pour faire face à la sécheresse.

Un cadre réglementaire pour gérer les usages de l'eau

Pour préserver cette précieuse ressource sur le long terme, aujourd’hui en limite de surexploitation, et rester vigilants, la Préfecture du Rhône a demandé au SMAGGA - syndicat intercommunal en charge de la ressource en eau sur le territoire où se situe la nappe du Garon - d’élaborer avec tous les acteurs concernés un plan de gestion de la ressource en eau (PGRE) pour la période couvrant 2016 à 2021.

Objectifs du PGRE pour la nappe du Garon
• Les volumes maximum prélevables annuellement, sont fixés à 5,5 millions de m3,
• la répartition de ce volume annuel entre les catégories d’usage est définie selon la règle suivante :
- alimentation en eau potable : 5,35 millions de m3,
- activités économiques : 100 000 m3,
- irrigation pour 50 000 m3 (l’irrigation des terres agricoles s’effectue majoritairement par le réseau du SMHAR, qui pompe l’eau directement dans le Rhône. Ce volume ne représente donc pas la totalité de l'eau utilisée pour irriguer les terres agricoles).

Pour limiter l’impact des sècheresses, il a été convenu avec les syndicats de distribution d’eau potable de ne pas dépasser les 4,5 millions de m3 de prélèvements sur la nappe du Garon pendant une période de 3 ans, afin de retrouver une situation d’équilibre. Une opération réalisable grâce au soutien de la nappe du Rhône permettant de prendre le relais de celle du Garon pour répondre aux besoins en eau.

Les actions du PGRE en faveur de la ressource en eau
- Recensement des puits de prélèvement privés et non privés.
- Suppression des tarifs dégressifs de l’eau potable par les syndicats de distribution.
- Mise en place progressive par le SIDESOL de la télé-relève des compteurs d’eau afin que les usagers puissent suivre leur consommation et détecter d’éventuelles fuites.
- Distribution aux particuliers de petits matériels faciles à installer sur les robinets, flexibles de douche… pour limiter la consommation d’eau.
- Détection et recherche de fuites sur les réseaux par les syndicats de distribution d’eau potable. Travaux de renouvellement de réseaux.
- Optimisation de la gestion des retenues collinaires (mise en place de débits réservés, effacement des retenues non utilisées, amélioration du suivi des débits).

Des gestes du quotidien pour économiser l’eau

A la maison
- Préférer la douche au bain
- Couper l’eau lorsque l’on se brosse les dents ou que l’on se lave les mains
- Couper l’eau sous la douche lorsque l’on se savonne
encore + d'idées

Au jardin
- Récupérer l’eau de pluie pour arroser
- Arroser tôt le matin ou tard le soir
- Utiliser l’eau de rinçage des légumes pour arroser
- Choisir une végétation adaptée peu consommatrice d’eau
- Ne pas arroser sa pelouse
- Donner la priorité à l’infiltration des eaux pluviales pour la recharge de la nappe.

Préservons la qualité de l’eau

Analyse de la qualité de l’eau
En France, l’eau du robinet est l’un des aliments les plus contrôlés. Elle fait l’objet d’un suivi permanent, destiné à en garantir la sécurité sanitaire. A la demande de l’ARS (Agence Régional de Santé), les syndicats de distribution d’eau potable font réaliser des analyses de la qualité de l’eau qu’ils distribuent.

Lutter contre les pollutions
Afin d'améliorer la qualité des eaux du bassin versant et protéger la nappe phréatique du Garon, les 27 villes et villages du bassin versant ont été encouragées à se passer de pesticides afin de respecter la loi Labbé. Pour les aider dans cette démarche, elles ont été accompagnées par le SMAGGA pour la réalisation de leur plan de désherbage en définissant leurs besoins en outillage et en hiérarchisant les zones à entretenir.

Pour préserver la qualité de l’eau, il est important de veiller à ne pas la polluer, pour cela :
- N'utilisez pas de pesticides. Avec la pluie ils risquent de ruisseler jusqu’à la rivière, puis au Garon, puis par transfert jusqu’à la nappe phréatique.
- Ne versez pas vos fonds de pots d'hydrocarbures, de peintures, de dissolvants, de produits de bricolage… dans les grilles d’eaux pluviales. Elles sont toutes reliées aux réseaux d’eaux pluviales qui est lui même débouche sur le milieu naturel.

Vendredi 2 Septembre 2022