Aménagement du Garon pour le contournement d’un seuil à Messimy



Espèce emblématique du bassin versant du Garon, la truite fario est un excellent indicateur de la qualité de nos rivières. On la retrouve principalement sur les têtes de bassin à l’amont de Thurins sur l’Artilla, le Cartelier et le Garon. En aval de Thurins, sa présence demeure rare sur le Garon à Messimy ou sur le Furon à Soucieu-en-Jarrest, et disparaît pratiquement après Brignais.

Cette absence s’explique par des pressions anthropiques : pollutions, anciens aménagements destinés à franchir la rivière à gué ou à l’irrigation ou à l’alimentation de moulins comme c’est le cas au lieu dit la Triandine. Sur le bassin versant du Garon, qui comptabilise 130 km de cours d’eau, il existe une soixantaine d’obstacles cloisonnant la rivière et empêchant les poissons de circuler librement vers l’amont et vers l’aval. En se sédentarisant sur un secteur de la rivière, les diverses espèces arrivent à se reproduire entre membres d’une même lignée ; cette absence de brassage génétique peut provoquer une dégénérescence de l’espèce, ou pire, sa disparition. Quand une espèce disparaît, c’est toute la biodiversité du milieu qui est menacée. La capacité d’auto-épuration des cours d’eau s’enraye, l’équilibre fragile est brisé. Pour éviter d’en arriver là, il est indispensable de restaurer la continuité piscicole sur le Garon et ses affluents. Entre 2014 et 2018, 16 seuils jugés infranchissables auront été effacés. « La suppression de ces points noirs sur la partie amont du Garon fait partie de notre stratégie de reconquête de la continuité écologique » souligne Frédéric Margotat, technicien de rivière.

Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du 2nd Contrat de rivière du Garon (2013/2018) afin de répondre aux objectifs réglementaires fixés par l’Europe, imposant à la France d’atteindre d’ici 2021 ou 2027 selon l’état de dégradation des milieux - le bon état des eaux superficielles et souterraines. Or, l’atteinte de ce bon état passe par la libre circulation des espèces et des sédiments sur les rivières du bassin versant du Garon.

Le seuil de la Triandine revêt un caractère atypique. Si dans la plupart des cas, la solution technique consiste à supprimer le seuil, sur le site messimois, la présence du canal alimentant la roue du moulin du restaurant « Le Petit Meunier » a nécessité une solution alternative. C’est donc un ouvrage de contournement d’une quarantaine de mètres, constitué de micro seuils d’une dizaine de centimètres de haut permettant de rattraper le dénivelé actuel de deux mètres, qui a été retenu. Le futur ouvrage permettra de restaurer la franchissabilité piscicole pour la truite fario et les autres espèces présentes (loche, goujon, chevesne…), reconnectant ainsi un linéaire important de rivières - 5 km en aval et 3 km en amont – sans pour autant modifier le fonctionnement hydraulique du site.

Coût prévisionnel : 43 000 € TTC
Durée des travaux : juin à juillet 2017.


Aménagement du Garon pour le contournement d’un seuil à Messimy


Jeudi 29 Juin 2017